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Est-ce que la nicotine bouche les artères ?

Est-ce que la nicotine bouche les artères ?

La nicotine souffre d’une mauvaise réputation en raison des liens qu’elle entretient avec la cigarette classique. Selon les on-dit, cette substance est responsable de nombreux soucis de santé tels que l’obstruction des artères ou les maladies cardio-vasculaires. Or cette réputation est infondée, car si la cigarette traditionnelle occasionne une obstruction des artères, ce n’est pas du fait de la nicotine. En fait, cette obstruction découle de la combustion du tabac, donc du monoxyde de carbone. Alors la nicotine bouche-t-elle les artères ? Représente-t-elle un danger pour la santé ? Quels sont les effets de la nicotine sur le corps humain ? Vapoter.fr répond.

Sommaire

La nicotine n'est pas responsable de l'obstruction des artères

C’est bien connu, le tabac nuit à la santé. Les soucis qu’il inflige au corps humain ne se comptent plus, en particulier les soucis infligés aux artères. Infarctus du myocarde, maladies cardiovasculaires, anévrismes, artérite des membres inférieurs, AVC ou hypertension artérielle font partie des pathologies nées de la consommation de tabac. Les artères sont donc ses victimes et c’est pourquoi beaucoup sont persuadés que la nicotine bouche ces dernières. Rien n’est moins vrai.

Le monoxyde de carbone : le vrai coupable

Oui, la nicotine se trouve dans la cigarette traditionnelle. Oui, elle rend le fumeur dépendant. Mais elle ne bouche en rien les artères et, plus important encore, elle ne cause aucune maladie. L’obstruction des artères ne trouve pas son origine dans la nicotine, mais dans la combustion du tabac.

En fait, cette combustion génère une molécule nommée monoxyde de carbone. Quiconque fume une cigarette traditionnelle inhale ladite molécule et celle-ci vient prendre la place de l’oxygène sur les globules rouges. Par conséquent, ces globules sont incapables d’oxygéner les organes et, en réaction, l’organisme doit en produire de nouveau pour compenser leur incapacité. Malheureusement, à force de produire des globules rouges, à force d’augmenter leur quantité, l’organisme épaissit le sang qui peine à circuler et à alimenter le cœur. Alors les accidents cardiovasculaires se produisent. Des caillots apparaissent. Des infarctus du myocarde se déclenchent si l’artère bouchée irrigue le cœur. Si le caillot obstrue une artère au niveau du cerveau, il y a risque d’AVC. Si l’obstruction se situe au niveau d’une jambe, il y aura ischémie aiguë.

Les autres effets du tabagisme sur les artères

Les méfaits du tabagisme sur les artères ne se limitent pas à ceux évoqués précédemment. Le tabagisme conduit à des spasmes artériels qui affectent le flux sanguin et qui provoquent, entre autres, des infarctus du myocarde. Ces spasmes peuvent donc être mortels. Le tabagisme favorise également l’apparition de l’athérosclérose, une maladie caractérisée par la formation de dépôts sur la paroi des artères. Avec le temps, ces dépôts s’épaississent et obstruent la circulation sanguine. Si, dans ces cas, le tabagisme est coupable, aucun de ces soucis de santé ne s’explique par l’absorption de nicotine.

Où se dépose la nicotine ?

La nicotine ne bouche pas les artères. Une étude britannique l’a démontré. Après son absorption, elle prend la direction du cerveau. Elle se dépose sur les capteurs des neurones. Dès lors, de la dopamine - l’hormone du plaisir – est libérée, ce qui pousse le fumeur à absorber de nouvelles doses de nicotine pour retrouver ce plaisir. C’est pourquoi la nicotine rend dépendant. Mais jamais elle ne se retrouve dans les artères et jamais elle n’attaque le cerveau.

La nicotine est-elle dangereuse pour la santé ?

La nicotine est un alcaloïde présent dans de nombreuses plantes autres que la feuille de tabac. Elle se trouve également – quoiqu’en quantité infime - dans les aubergines, dans les pommes de terre ou encore dans les tomates. Elle peut être absorbée par plusieurs moyens tels que la consommation de tabac, l’utilisation de la cigarette électronique ou le recours à des substituts nicotiniques (patchs et gommes à mâcher). Alors, la nicotine ne bouche pas les artères, mais a-t-elle des effets nocifs sur la santé ?

La nicotine : un danger uniquement pour les fumeurs

La nicotine est-elle dangereuse pour la santé ? Non, pas en soi. La nicotine crée une dépendance, mais elle n’est pas dangereuse pour autant, en tout cas pas aux doses absorbées par les fumeurs et par les vapoteurs. D’après une étude conduite par le chercheur autrichien Bernd Mayer - la seule qui soit sérieuse depuis le XIXe siècle -, la dose létale de la nicotine se situe entre 500 et 1000 mg chez l’adulte. Fumeurs et vapoteurs n’ont donc aucun souci à se faire quant à leur consommation de cette substance. Un vapoteur devrait avaler un minimum de 3 à 4 fioles pour en mourir.

En fait, la nicotine ne représente un danger que pour un fumeur. La dépendance qu’elle occasionne le pousse à consommer davantage de tabac, donc à inhaler davantage de monoxyde de carbone. Signalons tout de même que la nicotine est dangereuse pour les enfants. Il faut donc maintenir ces derniers loin des e-liquides.

La nicotine : quels effets sur le corps humain ?

La nicotine est un psychostimulant. Elle n’est donc pas sans effets sur le corps humain. Elle joue un rôle d’anxiolytique ou de coupe-faim. Elle focalise l’attention ou influe sur la qualité du sommeil. Bref, elle stimule l’activité mentale. 

Si, en cas de surdosage, elle peut déclencher des nausées et des maux de tête, elle ne présente pas de danger particulier aux doses habituellement absorbées. Le seul risque issu de la nicotine, en définitive, reste la dépendance qu’elle entretient. Toutefois, cette dépendance ne représente un risque qu’à partir du moment où la nicotine est absorbée par voie tabagique.


Alors la nicotine ne bouche pas les artères et ne provoque aucune maladie. C’est entendu. Elle ne devient dangereuse qu’à partir du moment où elle pousse à consommer du tabac qui, lui, est dangereux. C’est également entendu. En revanche, la nicotine ne présente aucun risque lorsqu’elle est absorbée via une cigarette électronique. Il n’existe aucune combustion de tabac avec une vapoteuse, donc aucune inhalation de monoxyde de carbone. Une étude publiée dans le Journal of American College of Cardiology a démontré que, après un mois de sevrage avec la cigarette électronique, les personnes amélioraient leur fonction vasculaire. Dans le cas d’un usage de la cigarette électronique, c’est même la nicotine qui favorise le sevrage.