Cigarette électronique : l’article 23 disparaît, la vape respire

La filière française de la cigarette électronique peut souffler. La suppression de l’article 23 du projet de loi de finances 2026 (PLF 2026) marque une victoire importante pour les vapoteurs et pour le secteur de la vape. Ce retournement de situation, rendu possible grâce au recours au 49.3 et à l’adoption de l’amendement 1481, assure la continuité de l’accès aux e-liquides, la vente en ligne et le maintien des boutiques spécialisées. Décryptage des enjeux et des bénéfices de cette décision.
Initialement, l’article 23 prévoyait plusieurs mesures qui faisaient craindre le pire pour les vapoteurs et pour les acteurs de la filière. Il s’agissait notamment d’instaurer une taxe sur les e-liquides proportionnelle au taux de nicotine, de supprimer la vente en ligne, limitant ainsi l’accès aux produits pour de nombreux consommateurs, et d’imposer un agrément obligatoire pour les boutiques spécialisées, assimilant leur fonctionnement à celui des bureaux de tabac. Ces mesures auraient pu entraîner une augmentation significative des prix, une restriction de l’offre et une difficulté d’accès aux produits pour les utilisateurs souhaitant arrêter de fumer.
Les buralistes, favorables à un encadrement renforcé, et les professionnels de la vape se sont opposés à cet article, chacun pour des raisons différentes : protection du marché pour les premiers et liberté d’accès et préservation de la vape indépendante pour les seconds.
La route vers la suppression de l’article 23 a été longue et ponctuée de mobilisations. Dès octobre 2025, la filière s’est organisée avec des pétitions et des campagnes citoyennes, comme Vaper n’est pas fumer, qui ont rassemblé plus de 250 000 signatures. Plusieurs manifestations ont eu lieu dans différentes villes et des rassemblements ont été organisés devant les ministères, impliquant professionnels, salariés et députés.
De plus, les actions médiatiques ont permis de sensibiliser l’opinion publique et de défendre la vape indépendante. Cette mobilisation a trouvé un écho politique : l’amendement 1481, déposé par La France Insoumise, a été adopté et validé par le Premier ministre Sébastien Lecornu grâce au recours au 49.3, procédure permettant au gouvernement de sécuriser l’adoption d’un texte sans vote complet à l’Assemblée nationale. La décision finale a été confirmée au début du mois de février 2026, actant la suppression de l’article 23.
Pour les consommateurs, cette suppression est un soulagement majeur. L’accès aux produits reste maintenu, avec les e-liquides disponibles aussi bien en boutique qu’en ligne, ce qui garantit liberté de choix et prix compétitifs. La cigarette électronique continue de jouer son rôle de sevrage tabagique, offrant une alternative crédible au tabac et permettant à de nombreux anciens fumeurs de rester loin des cigarettes traditionnelles.
Enfin, la stabilité et la prévisibilité du marché sont assurées, car aucune nouvelle taxation ni restriction n’a été mise en place, évitant que certains vapoteurs ne retournent au tabac en raison de contraintes financières ou d’accès limité.
Cette décision renforce la confiance des utilisateurs dans un marché stable et sûr tout en rappelant que la vape n’est pas assimilée au tabac mais constitue une solution efficace pour la santé publique.
La suppression de l’article 23 protège également le secteur économique de la vape. Elle permet de préserver les TPE et PME indépendantes qui sont les principales créatrices d’emplois dans le secteur. Plus de 20 000 postes directs en France sont concernés, incluant les boutiques spécialisées, les grossistes et les fabricants. La filière bénéficie d’une plus grande liberté pour innover et pour se structurer, sans contraintes fiscales immédiates.
Par ailleurs, la légitimité de la vape est renforcée, car sa reconnaissance progressive comme alternative au tabac crédibilise l’activité des acteurs indépendants. Ainsi, la filière française peut continuer à jouer un rôle central dans la lutte contre le tabagisme tout en consolidant son poids économique.
Au-delà des aspects pratiques, la suppression de l’article 23 atteint une portée symbolique. Elle représente une victoire collective, fruit de la mobilisation des professionnels, des usagers et des experts de santé. Elle traduit également la reconnaissance du rôle de la cigarette électronique dans la réduction des risques et le sevrage tabagique. Enfin, cette décision envoie un signal positif pour l’avenir en assurant une stabilité réglementaire, en favorisant l’innovation et en protégeant les acteurs économiques du secteur. La suppression de l’article 23 constitue donc un tournant pour la vape en France, garantissant un marché accessible, diversifié et responsable.
La disparition de l’article 23 du PLF 2026 représente une excellente nouvelle pour les vapoteurs et pour la filière de la cigarette électronique. Elle assure le maintien de la vente en ligne, la stabilité des prix, la protection des boutiques spécialisées et la continuité du sevrage tabagique pour des milliers de Français. Cette victoire illustre l’importance de la mobilisation collective et la reconnaissance de la vape comme solution de santé publique. La filière et ses usagers peuvent désormais respirer et continuer à se développer dans un cadre stable, au service de la liberté de vapoter et de la santé publique.
