Vape : tout savoir sur la future taxe qui inquiète les vapoteurs

La taxe sur les e-liquides pour cigarette électronique fait beaucoup parler d’elle. Prévue dans le cadre du projet de loi de finances 2026, elle inquiète les millions de vapoteurs français. Entre objectifs affichés de santé publique et enjeux économiques, il est difficile de comprendre de quoi il s’agit. Vapoter.fr explique donc en quoi consiste cette taxe et comment elle fonctionne. De plus, nous revenons sur ses impacts et sur les débats qu’elle suscite.
La taxe sur les e-liquides est une accise, c’est-à-dire une taxe indirecte appliquée sur certains produits à la consommation, comme le tabac ou l’alcool. Elle est perçue au moment de la fabrication ou de l’importation, puis souvent répercutée sur le prix final pour le consommateur.
Elle concerne tous les e-liquides, qu’ils contiennent ou non de la nicotine, ainsi que les bases neutres, arômes et boosters utilisés pour préparer des liquides DIY (“Do It Yourself”).
Selon le gouvernement, cette taxe vise officiellement à protéger la santé publique en réduisant l’attractivité de la vape, notamment chez les jeunes, et à lutter contre le tabagisme. Mais elle représente également une source de recettes fiscales pour l’État.
Le projet de loi prévoit une taxation graduée selon le taux de nicotine :
Exemples concrets de l’impact sur les prix :
Produit
Prix moyen actuel
Taxe estimée
Nouveau prix approximatif
Flacon 10 ml <15 mg/ml
5,90 €
+0,30 €
6,20 €
Flacon 10 ml ≥15 mg/ml
5,90 €
+0,50 €
6,40 €
Flacon 50 ml
19,90 €
+3 €
21,90 €
Base neutre DIY 1 L
9,90 €
+60 €
69,90 €
Ces chiffres montrent que les plus gros volumes et le DIY seront affectés, car la taxe s’applique à tous les produits du vapotage.
Historique et contexte politique
La fiscalité de la vape en France a longtemps été une exception. En 2024, une première proposition de taxe de 0,10 à 0,15 €/ml avait été envisagée, mais rejetée par l’Assemblée nationale.
Le gouvernement Lecornu, successeur de François Bayrou, a relancé le débat dans le projet de loi de finances 2026, avec une approche plus modérée (0,03 à 0,05 €/ml).
À l’international, 19 pays européens ont déjà instauré une taxation des e-liquides, avec des montants variables :
La France resterait ainsi dans la fourchette basse, mais rejoindrait ses voisins en matière de fiscalité sur la vape.
Pour les consommateurs
Pour les professionnels
Précisons que le marché français représente environ 4 millions de vapoteurs et est estimé à 1,3–1,5 milliard d’euros par an.
La cigarette électronique est moins nocive que le tabac et constitue un outil reconnu de sevrage tabagique.
Taxer la vape comme le tabac soulève donc une question : cette mesure pourrait-elle freiner la transition entre le tabac et la vape et ralentir la réduction du tabagisme ?
Les associations se montrent préoccupées, comme en témoignent ces réactions :
En fait, le débat oppose santé publique et objectifs budgétaires et souligne l’importance de fixer une taxe modérée pour ne pas nuire à la réduction des risques.
À ce jour, le projet de loi de finances 2026 inclut la taxe, mais son adoption reste incertaine. Des amendements ont été rejetés et la navette parlementaire peut encore modifier la mesure.
À l’échelle européenne, la future directive TED sur les accises pourrait instaurer une harmonisation fiscale pour les produits du vapotage, influençant la réglementation française.
Les vapoteurs et professionnels devront donc suivre de près les décisions législatives, tout en restant informés pour adapter leur consommation ou leurs pratiques professionnelles.
La taxe sur les e-liquides vise donc officiellement à protéger la santé publique, mais elle comporte également un enjeu fiscal pour l’État. Elle concerne tous les produits du vapotage et pourrait entraîner une hausse modérée mais significative des prix, surtout pour les gros volumes et pour le DIY.
Pour les consommateurs, il est important de comprendre comment la taxe fonctionne et ses impacts afin de prendre des décisions éclairées. Pour le marché et pour la santé publique, l’équilibre entre taxation, prévention et réduction des risques reste un enjeu central pour les années à venir.
